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Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /Jan /2008 15:30
 

Le vin argentin à la conquête du monde
"Le système européen des AOC est le meilleur allié de nos vins." Carlos Tizio, directeur du Clos de los Siete dans la Vallée de Uco à 100 kilomètres de la ville de Mendoza, est convaincu que la lourdeur des législations du Vieux-Continent permet à l'Argentine de terminer sa révolution oenologique en toute tranquilité. L'absence d'appellation d'origine contrôlée facilite grandement la vie de cet ingénieur agronome, à la tête du plus gros projet viticole du pays du tango. A la différence de ses collègues suisses, le vigneron du Nouveau-Monde peut planter ses vignes où il veut sans se référer à un cadastre. Pour élaborer ses vins, il n'a aucun cahier des charges à respecter. A-t-il besoin d'eau? Il peut irriguer. Le consommateur veut-il des vins boisés et bon marché? Aucun problème, les copeaux de chêne sont là pour ça. La récolte de l'année contient-elle trop de sucre? Un peu d'acide tartrique et l'équilibre est rétabli. Ici, pas question de terroir ou de travail d'artisan, le vin doit en priorité plaire au consommateur. Etudier le marché pour fabriquer un produit qui s'y conforme, voilà la philosophie des professionnels locaux. Ruben Ruffo, oenologue chargé de la recherche pour Familia Zuccardi -une cave à Maipú (à 15 kilomètres de Mendoza) qui exporte dans une cinquantaine de pays dont la Suisse- confirme que son travail consiste à proposer des nouveautés, mais que la décision finale revient aux commerciaux.
Avec plus de 150'000 bouteilles vendues en Suisse l'an passé, le vin argentin appartient désormais aux classiques que l'on trouve partout. Et ce n'est qu'un début. Huitième exportateur mondial en 2005, l'Argentine ne semble pas au courant qu'une crise générale affecte la viticulture planétaire. Affichant des taux de croissance proche des 20% annuels, les grandes bodegas- le mot espagnol pour cave- n'ont aucune intention d'en rester là. Torrontes de Yacochuya, Malbec de Maipú et Cabernet Sauvignon de Mendoza ont perdu de leur caractère exotique. Ils se retrouvent d'ailleurs plus souvent sur les rayons des supermarchés que dans les celliers des vinothèques. Au grand dam des ténors du vignoble qui veulent prouver que leurs vins "top" n'ont rien à envier aux plus prestigieux crus mondiaux.
Pour changer l'image de produit agréable et bon marché qui lui colle à l'étiquette, le vin argentin peut compter sur l'appui du capitalisme européen. A cet égard, l'exemple du Clos de los Siete est révélateur. Depuis 1999, de riches entrepreneurs français et italiens ont injecté plusieurs dizaines de millions de dollars dans cette exploitation. Leur but: transformer 850 hectares de terre sauvage en une bodega capable de vendre ses bouteilles dans le monde entier. La première récolte a eu lieu en 2002. Aujourd'hui, près des deux tiers de la surface totale sont couverts de vigne, trois caves monumentales ont vu le jour et la production augmente de quinze pourcents tous les ans. Exportant la quasi totalité des vins de la société en Europe, ainsi qu'en Amérique du Nord, Carlos Tizio symbolise cette Argentine viticole conquérante et ambitieuse. A l'entendre, le quinquagénaire n'a qu'un soucis: se débarrasser des renards qui déchiquètent les tuyaux d'irrigation pour s'abreuver.
Dans le domaine de la promotion, les caves de la province de Mendoza possèdent dix ans d'avance sur leurs concurrents. Quiconque arrive dans une des régions viticoles ne peut ignorer la spécialité locale. Du palace au bouis-bouis, tous les hôtels proposent des Wine Tour. Ces excursions menées par un guide servent à éduquer le touriste tout comme le consommateur local. Chez Familia Zuccardi par exemple, 2006 a vu défiler plus de 40'000 curieux. Le novice y apprend, après une heure de promenade, comment servir le vin, comment le boire -ne pas mélanger blanc et rouge, ni y mettre glace ou soda- quel prix correspond à quelle qualité et surtout, que l'Argentine produit les meilleurs crus du monde. La dégustation qui termine la balade rassemble les visiteurs autour d'un repas gargantuesque. Guilleret et repu, le voyageur retourne dans son pays natal converti en ambassadeur des crus argentins.

Carlos Tizio, tout comme ses collègues mendociniens, ne doute désormais de rien. "Il nous a fallu vingt ans pour devenir un grand pays viticole. Dans vingt ans, nous serons LE grand pays du vin!"

                                      

Le Malbec, un immigré devenu roi
Son nom, qui signifie 'mauvaise bouche', laisse deviner en quelle estime les producteurs de bordeaux, sa région natale, le tenaient au Moyen-Age. Importé en Amérique Latine dans le courant du XIXème siècle, ce cépage, presque disparu de France, devient en peu de temps la variété la plus commune d'Argentine. Lorsque la vague des vins dits du Nouveau-Monde atteint l'Europe, l'originalité du Malbec le propulse sur le devant de la scène. A la dégustation, il se caractérise par un mélange de notes sucrées avec des arômes poivrés ou épicés. Toujours vinifié en fût de chêne, il acquiert ainsi un côté chaleureux que souligne sa couleur sombre.
Devenu le porte-drapeau des crus d'Amérique Latine, le Malbec a su convaincre jusqu'à Robert Parker, le gourou américain du vin et rédacteur du Guide Parker qui lui prédit un avenir grandiose. Son succès international a ammorcé un changement d'attitude de ce côté-ci de l'Atlantique. En Suisse comme ailleurs, des vignerons ont développé une passion pour le plus argentin des plants bordelais. Leurs essais ont donné des résultats plus que probants en laissant toutefois une question sans réponse: Pourquoi l'avoir affublé d'un nom si injustifié?

Régions viticoles d'Argentin
A la différence des pays viticoles européens, l'Argentine n'applique pas le système de l'Appellation d'Origine Contrôlée (AOC) qui associe un produit à une zone géographique déterminée Cependant, les bons crus proviennent de trois régions bien délimitées. Au centre, Mendoza se considère comme le centre de la viticulture nationale. Cette province, d'une étendue trois fois supérieure à celle de la Suisse, regroupe près de 500 caves qui se répartissent dans quatre régions. Les plus connues, Maipú et Luján de Cuyo, ont déjà acquis un renom certain auprès des consommateurs internationaux. La Vallée de Uco et la Région Sud, moins célèbres, abritent des entreprises plus jeunes.
A 1000 kilomètres plus au nord, Salta constitue le second pôle viticole du pays. Comprenant quelques hectares concentrés dans les alentours de la ville de Cafayate, cette province ne parvient à concurrencer Mendoza ni en quantité, ni en qualité.
De l'autre côté du pays, la région de Rio Negro produit depuis quelques années des crus intéressants connus sous l'appellation Vins de Patagonie. Plus légers et plus élégants que leurs homologues du nord, ils remportent un grand succès à Buenos Aires. Encore peu connu à l'étranger, ils ne tarderont pas à quitter les vinothèques de la capitale pour arriver sur les tables européennes.

Vignoble argentin et vignoble suisse
La superficie du vignoble argentin dépasse les 200'000 hectares, ce qui en fait le huitième pays viticole au monde. En comparaison, la Suisse compte 18'000 hectares de vignes dont près de 5000 en Valais, le plus grand canton viticole. Exportant moins de 2 pourcents de sa production, notre pays importe par contre plus de la moitié du vin consommé à l'intérieur de ses frontières. Les fournisseurs traditionnels du marché helvétique sont l'Espagne, la France et l'Italie suivi des pays dits du Nouveau-Monde (Etats-Unis, Australie, Afrique du Sud, Chili, Nouvelle-Zélande et bien sûr Argentine), ainsi que des voisins allemands et autrichiens.
Poussée par la baisse de la consommation intérieure, l'Argentine s'est transformée depuis les années 1980 en un pays tourné vers le marché international. Plus du 40% de sa production totale s'envole aujourd'hui vers les Etats-Unis et les pays d'Europe de l'Ouest (Grande-Bretagne, Pays-Bas, Allemagne, Belgique et Suisse). Avec près d'un demi-milliard de dollars (625 millions de francs) provenant de l'exportation, l'industrie viticole argentine constitue l'un des secteurs les plus dynamiques du pays. Porte-étendard du vignoble, le Malbec contribue à lui seul pour un tiers de ces exportations.

Alexandre Truffer et Virginie Jobé

Cet article est paru dans La Liberté du 15 novembre 2007.

Par Alexandre Truffer - Publié dans : swisswinetour
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Lundi 6 août 2007 1 06 /08 /Août /2007 15:06
dargavillemuseumdieumaorinuageblanc.jpg Quelles que soient les qualités que l'on accorde aux vins dits du  Nouveau-Monde, la diversité n'en fait en général pas partie. En blanc, le choix se limite à Chardonnay ou Sauvignon Blanc. En rouge, il y a du Cabernet Sauvignon, de la Syrah et de temps à autre un peu de Pinot Noir.
Toutefois, en Nouvelle-Zélande, nous avons trouvé avec grand plaisir du Pinot Grigio. Chez nous cela s'appelle du Pinot Gris ou, si vous venez du Valais, de la Malvoisie. Et contrairement à ce que peuvent penser les inconditionnels des Grains Nobles, ce membre de la famille des Pinot se vinifie très bien en vin sec. Plus ample que le Sauvignon, il s'avère plus vif et élégant que le Chardonnay. Comme de plus les producteurs ne l'assaissonnent pas trop au jus de planche, on se retrouve avec un vin de type "européen" assez élégant et rafiné. Une excellente surprise d'Auckland à Rotorua.
Par Alexandre Truffer - Publié dans : swisswinetour
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Mardi 22 mai 2007 2 22 /05 /Mai /2007 14:26
Ce n'est une bouteille de champagne géante. Le problème n'a rien avoir avec le CO2. Impressionnant tout de même. Et c'est comme cela toutes les heures...
Par Alexandre Truffer - Publié dans : swisswinetour
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Dimanche 20 mai 2007 7 20 /05 /Mai /2007 12:07

Une longue polemique concernant la capsule a vis vient sans doute de debuter. Initiee en Nouvelle-Zelande, elle fait son entree sur le continent europeen.

Depuis le debut du mois de mai, une polemique fait rage au pays des Kiwis. Un journaliste viticole du nom de Keith Stewart a publie un article incriminant la capsule a vis. Selon ses dires, ce mode de bouchon favoriserait le developpement de certains cancers, en particulier ceux de la prostate et du sein. Cette accusation se base sur les conclusions d'une etude realisee par une equipe de chercheurs bases dans trois pays -the Research Institute for Chromatography and the Laboratory of Organic Chemistry, University of Gent in Belgium; the Department of Chemistry, University of Stellenbosch, Stellenbosch, South Africa; and the Eindhoven University of Technology, The Netherlands. Selon ces experts, certains composants provoquant des desordres endocrinologiques susceptibles de degenerer en cancer sont presents dans les vins bouches par des capsules a vis, mais non dans ceux utilisant un bouchon. (
Article de Keith Stewart en anglais)

Comme on peut l'imaginer, la companie responsable de la production des capsules, n'a pas beaucoup apprecie. Son porte-parole, Tyson Stelzer, a refute les accusations de Stewart en estimant que les allegations de celui-ci sur un risque medical potentiel provoque par les capsules etaient infondees et totalement fausses. (Article de Tyson Stelzer en anglais).

Loin de se terminer la, la passe d'armes a continue en Nouvelle-Zelande. Reprise par la presse anglaise, cette polemique arrive desormais en Europe. Sans doute que, outre le risque sanitaire important invoque, l'opportunite de porter des coups fatidiques a la concurrence du Nouveau-Monde devrait convaincre les vignerons du Vieux-Continents de ne pas laisser le sujet tomber dans l'oubli. 

Par Alexandre Truffer - Publié dans : swisswinetour
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Jeudi 10 mai 2007 4 10 /05 /Mai /2007 13:13

En dehors du Bring Your Own, dont traitait le billet precedent, il y a une vie viticole dans les cafes neo-zelandais. Tous les bistrots et restaurants du pays proposent une carte des vins qui comportent entre dix et vingt references.Deux differences avec la Suisse nous ont mis la puce a l'oreille. Tout d'abord, les Kiwis sont fiers de leurs vins et c'est pourquoi on ne trouve presque que des crus nationaux. Deuxiemement,  pour avoir un bon vin, il faut mettre le prix. Ce qui signifie que le verre coute au moins 7 francs suisses et monte facilement jusqu'a 9 francs. Quand au concept du deci (de la tres, tres mauvaise piquette pour un prix bas), il n'existe pas dans ce pays. La moral de cette habitude: qui commande au verre, jamais ne desespere.

Par Alexandre Truffer - Publié dans : swisswinetour
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